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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 13:10

 

Cette croix de bois ceinte d’une barrière en bois rend hommage au crash d’un avion anglais  durant la guerre de 39/45.

 

Le 17 octobre 1942, LE CREUSOT subissait un bombardement de la part de l’aviation alliée, ce bombardement visait les usines Schneider qui fabriquaient des armes pour les forces allemandes. Pour mémoire ce bombardement a fait 63 morts et 250 blessés.

Le 21 octobre suivant, un avion Spitfire modèle AB 121, passe au dessus du Creusot pour prendre des photos de reconnaissance des dégats. Il est piloté par le squadron leader A. E. HILL appartenant au 54 ème escadron de la RAF basé à Benson (GB).

 

hi3.jpg

Photo Histavia21.net – archives Gilles Moreau

En début d’après midi il est touché par un tir de DCA et réussi à voler en direction du  nord ouest sur 13 kilomètres avant de se crasher dans un champ situé sur la commune de Broye au lieu dit « les teppes » entre Chevanne et Les Blanchots.

Le pilote a le temps de s’éjecter et de sauter en parachute. Les sources internet le font tomber dans les bois de la Bondelue alors qu’un habitant local qui l’a vu dans son jeune âge m’assure qu’il a atterri dans un grand arbre situé entre le croisement de la Bondelue et la ferme dite « Château Pigenat ». La différence de localisation n’est que de quelques centaines de mètres.

 crash-fragny.jpg

Le pilote, gravement blessé aux deux jambes sera transporté par des habitants de Fragny dans la cour de la ferme sur une échelle. On m’a raconté qu’il a ensuite été placé dans une auge de pierre en attendant l’arrivée de la Gendarmerie.

 

Et dire qu’il y a des anciens du coin qui se sont dits résistants !!!

M. HILL est décédé à l’hôpital de DIJON des suites de ses blessures  le 12/11/42.

 

45--croix-de-la-Barre.jpg

Photo marche-amur.blogspot.com

Des pilotes anglais viennent quelquefois lui rendre hommage sur le lieu du crash. Une plaque à sa mémoire a été dévoilée le 27 août 1995 par la mairie de Broye. Cette plaque est apposée sur le socle de la croix.

 

tombe-A-E-HILL.jpg

 

Sylvain RUSSO

 

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 13:03

 

      On doit cette école à l'abbé VITTAULT, curé de Couhard au 18ème siècle, tout comme l'on doit la construction de l'église à ce même homme, pourtant lors du baptême des rues de Fragny personne n'a pensé à lui, il serait temps d'y remédier.

 

      Le projet de construction d'une école de filles a démarré en 1857 par la demande de l'abbé, soutenu par l'évèque et la comtesse de Mac Mahon. Cette demande a été faite au ministère et est redescendue pour instruction à la sous préfecture d' AUTUN.

 

école fragny

      Le projet présenté par le curé aux autorité locales fut bien accueilli, une subvention de 300 francs fut même débloquée en septembre 1857 par la ville d' AUTUN pour le traitement des deux futures institutrices  religieuses en provenance de Chauffailles.

 

     Outre le financement, restai le problème du terrain. Le 18 juin 1858, par testament, M. Jules Flavien LAUREAU faisait don à la ville d'un terrain d'une superficie de 11 ares situé au lieu dit « les champs de Fragny » à la condition d'y faire ériger une école de filles pour le hameau de Fragny et les localités voisines.

 

     Voici copie d'un courrier du 22 mars 1858 ou le curé VITTAULT remercie le préfet pour l'intérêt qu'il porte à son projet:

 

« Je ne crois pas qu'il y ait dans le diocèse de paroisse plus réellement pauvre et jusque là plus abandonnée. Perdus à travers d'immenses forêts, à 6 et même 9 kilomètres d'Autun, ces braves gens vivaient dans un état presque voisin de la sauvagerie. L'érection de Couhard en succursale a exercé déjà parmi eux une influence heureuse et visible ; l'établissement, au sein même de ces bois, d'une petite chapelle et d'une école tenue par deux religieuses ne peut manquer d'accroître dans de notables proportions cette influence civilisatrice. Cette école, pour laquelle nous travaillons depuis deux ans et qui fait l'objet de nos plus chères préoccupations, sera dans son entier une création de la charité ; nous n'avons aucune ressource propre, si ce n'est les quelques journées de voitures promises par les habitants. Pour une entreprise aussi considérable, c'est bien peu sans doute que les souscriptions que j'ai recueillies avec tant d'efforts. Ces efforts toutefois, vous saurez les apprécier, M. le Préfet. Notre devis s'élève à 6,000 F ; les souscriptions, soit en argent, soit en nature, forment à peu près les deux tiers de cette somme. La part que nous demandons au gouvernement est donc relativement fort considérable... Enfin, nous sommes si pauvres ! Oh, si nous obtenions 2.000 F, notre projet d'école serait assuré, nous serions sauvés ».

 

Les plans ont été transmis au sous préfet en mars 1858 mais excédé par les lenteurs de l'administration, le curé fit établir d'autres plans et fit monter le bâtiment sans autorisation grâce à l'argent récolté par souscription auprès des paroissiens.

 

ecole fragny1

 

Le gros œuvre fut achevé en octobre 1859 et le curé, à bout de ressources se retourna vers le conseil municipal en demandant une subvention exceptionnelle de 3500 francs.

 

Voici la copie d'une lettre datée du 1er février 1860 ou le curé fait état des difficultés au maire:

 

« Lamaçonnerie, la charpenterie et la couverture sont terminées et payées. Dans sa session de mai dernier, le Conseil Municipal nous a alloué 1.200 F. En y ajoutant les 200 F provenant de la Préfecture (subvention départementale), c'est un total de 1.400 F. Reste donc à obtenir 2.000 F. Tant que cette somme ne nous sera point assurée, il est clair que M. le Préfet n'approuvera pas la continuation des travaux ni l'emploi de la somme partielle de 1.400 F inscrite au budget de l'année dernière... Ce n'est pas sans une profonde appréhension, M. le Maire, que je mevois obligé de porter devant le Conseil Municipal ce gros chiffre de 2.000 F... Cependant, M. le Maire, n'y aurait-il pas moyen de réaliser cette somme, si considérable qu'elle soit, en la divisant en 2 annuités, 1.000 F pour 1860 et 1.000 F pour 1861... Si le Conseil Municipal ne peut pas nous assurer les 2.000 F, pourvu qu'il veuille bien nous en promettre 1.500 F, je m'en contenterai. Car dans ce cas, je m'engagerai personnellement bien volontiers pour une somme de 500 F. Il faut en finir, M. le Maire, et le sacrifice ne me coûterait pas... Je me reprocherais, M. le Maire, comme une ingratitude impardonnable, de terminer cet exposé sans vous dire et vous prier de faire savoir au Conseil Municipal que M. Berdin a généreusement fait abandon complet de ses honoraires. C'est une œuvre de civilisation et d'humanité, m'a-t-il dit, il faut bien que chacun y apporte sa pierre... ».

 

Une difficulté arriva en aout 58, le conseil départemental de l'instruction publique (l'inspection académique de l'époque) avait donné son autorisation pour la construction d'une école mais mixte  alors que la succession LAUREAU prévoyait une école de filles. Il a fallut que le frère du donateur, procurateur de cette donation, fasse état que la mention « pour fille » avait été apposée par erreur pour que le dossier redémarre en mars 1860.

 

Voici une copie de la déclaration du maire d'AUTUN, M. REY:

 

le 14 Février 1860, le Maire d'Autun, M. Rey, plaide devant le Conseil la cause du projet. Rappelant les subventions antérieures accordées par la ville (300 F le 10 Février 1858, 1.400 F le 22 Juin 1859), il fait observer que le secours de 1.900 F sollicité de l'Etat en 1858 n'a pas été accordé, et que les crédits votés par le Conseil n'ayant pas été utilisés se trouvent annulés. « Vous aurez donc aujourd'hui à prendre en considération vos votes antérieurs, les travaux faits par les habitants et dus à l'initiative de M. le Curé de Couhard, la protection qu'attend de vous cette partie de la population de la commune, si déshéritée de tous les avantages dont profitent ceux qui sont plus rapprochés de la ville, l'utilité, je dirai plus, la nécessité de mettre à la portée des enfants des hameaux de Fragny, Montromble, et la Bondelue, les premiers éléments de l'instruction morale et religieuse... ». « Mais Messieurs, quel meilleur usage pouvons-nous faire des ressources de la ville que de fonder et entretenir des écoles pour les populations pauvres, où les enfants viendront puiser les notions morales et religieuses qui, se développant avec le temps, pourront les guider et les préserver dans le cours de leur vie. C'est, selon moi, la véritable mission de l'Administration, et j'espère que vous partagerez cette manière de voir ».

 

ecolefragny3

 

L'inspecteur primaire donne son approbation à l'ouverture par courrier en date du 16 avril en précisant ces choses dans la dernière phrase qui nous semblent si désuètes de nos jours:

« considérant qu'il y a impossibilité, surtout en hiver, pour les enfants de ce hameau... de fréquenter les écoles publiques ou libres, que cet état de choses est un obstacle aux progrès moraux et intellectuels de cette population trop pauvre ». Le fonctionnaire fait observer que « la hauteur du plancher des classes n'est pas celle voulue par les règlements, mais que l'élévation de ce village, situé au sommet des plus hautes montagnes de l'Autunois, compense cet état de choses ».

 

Le montant des travaux exécutés s'élève en 1860 à 4359,33 francs, il restait à trouver 3410,79 francs pour terminer le tout.

Les effectifs d'enfants à scolariser sont alors estimés à 45 garçons et 28 filles pour une population  de 560 habitants.

 

La rentrée se fera en octobre 1860, voici une nouvelle copie de lettre de l'Abbé VITTAULT datée de cette époque et  adressée au préfet:

 

« Depuis plus de 5 ans, je travaille à l'établissement d'une maison d'école à Fragny... cette maison d'école est enfin achevée et sera prête, d'ici à quelques jours, à recevoir deux religieuses de l'Institution de Chauffailles. La ville d'Autun qui a contribué pour 3.000 F à la construction de cette école, se dit hors d'état de faire davantage et semble vouloir laisser à ma charge, indépendamment des 500 F pour lesquels je me suis spontanément engagé, toutes les dépenses résultant soit des travaux imprévus, soit du mobilier de ces Dames...

 

J'accueillerais certes avec la plus vive reconnaissance un secours quelque minime qu'il soit. Que si rien ne peut m'être donné, ce sera à la garde de Dieu, j'ébrécherai de quelques centaines de francs de plus mon mince patrimoine ; l'œuvre ne s'en finira pas moins, car i1 faut en finir. Je vous prie de croire toutefois, Monsieur le Préfet, que cette lettre n'est point une récrimination, à Dieu ne plaise ! Je sais plus que personne en mesure d'apprécier l'extrême bon vouloir de M. le Maire, son inépuisable bienveillance et ses efforts habiles pour obtenir du Conseil Municipal d'Autun la somme relativement considérable de 3.000 F. Agréez les sentiments du profond respect avec lesquels j'ai l'honneur d'être, Monsieur le Préfet, votre très humble et obéissant serviteur ».

 

Vitteault, curé de Couhard,

 

L'école sera laïcisée en 1882 et les bâtiments agrandis en 1896 sur les plans de . TRUCHOT, architecte de la ville d'AUTUN qui sera également l'architecte de l'école Bouteiller. La classe de garçons sera agrandie en absorbant la chapelle.

 

Voici copie des plans de l'école lors de son agrandissement:

 

plan-ecole-fragny2.jpg

  

 

plan-ecole-fragny1.jpg 

L'école perdurera jusqu’en 1998 soir presque 150 ans avant de fermer suite à un changement dans la carte scolaire. Les parents travaillant à AUTUN n'avaient plus envie de voir leurs enfants scolarisés dans une classe unique multi niveau, ce qui entrainera son déclin.

 

Pourtant nombreux sont les fragnotins et les fragnotines qui ont usé leurs culottes sur les bancs de cette école.

 

Elle est devenue une salle des fêtes depuis 2006 et a été ré-agrandie. Je pense qu'au lieu d'appeler cette salle la communale, on aurait put l'appeler « salle de l'abbé VITTAULT » mais peut être que personne ne s'en souvenait à ce moment. Cet homme et M . REY, maire à cette époque, devraient inspirer nos politiques locaux par leur abnégation et leur sens du service au prochain.

 

 

 

Sylvain RUSSO

 

Sources: Alain DESSERTENNE

Photos de l'auteur

Documentation et recherches: Catherine RUSSO

 

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 10:58

Voici un texte de 1894 se rapportant à un économat crée par le curé de FRAGNY, celui même qui a crée l'imprimerie.

 

l'original est disponile à la Bibliothèque Nationale de France, merci de me pardonner les fautes de frappes.

 

 

 

UN ECONONAT PAROISSIAL

 

COMMUNICTION A LA RÉUNION ANNUELLE DANS La SÉANCE DU 18 MAI 1894

 

Je vous demande quelques minutes de votre bienveillante attention pour vous entretenir d'un économat de campagne que le hasard des voyages m'a fait récemment connaître et qui m'a paru se distinguer par certaines particularités intéressantes. Les économats supposent, en général, un personnel ouvrier plus ou moins considérable, presque toujours placé sous la direction d'une grande compagnie ou d'un grand industriel. Il n'en est pas de même de celui-ci : c'est un économat créé au fond des bois, pour, des bûcherons, par un curé.

 

La localité où il fonctionne s'appelle Fragny. C'est un hameau de 500 à 600 âmes, situé dans le voisinage immédiat d'Autun. Quand on sort de la vieille cité éduenne par le faubourg Saint-Blaise, on laisse à droite la grand-route conduisant au magnifique parc de Mont-Jeu et l'on s'engage par un chemin étroit et sinueux, dans une gorge boisée qui, après une heure de rude montée, débouche sur un plateau. On monte encore, par une pente très douce, pendant près d'une demi-heure; on découvre une église neuve, qui se dresse presque au point culminant et l'on est arrivé à Fragny.

 

On n'est pas à plus de 6 ou 7 kilomètres d'Autun ; on-se trouve même encore sur son territoire, car le hameau de Fragny dépend de la paroisse de Couhard, qui fait partie de la ville mais, en réalité, on vient d'accomplir un petit voyage et l'on entre presque dans un autre monde. En effet, si l'on a fait moins de 2 lieues, on s'est élevé, en une heure, de 200 à 300 mètres. On a perdu de vue la fertile vallée de l'Arroux au milieu de laquelle se dresse Autun ; on se trouve dans un pays d'aspect sévère, imposant, presque sauvage. L'air y est très vif et le climat rigoureux. A perte de vue se déroule un vaste plateau ondulé, coupé de bois, de prairies et de rares champs cultivés, au milieu desquels on distingue à peine ça et là quelques maisons éparses. A gauche s'étend la belle et vaste forêt domaniale de Planoise, avec ses futaies de hêtres. A droite, le regard embrasse un immense horizon : par-dessus les déclivités du sol, il plonge sur les coltines boisées et bleuâtres de la, région d'Uchon; dans le lointain, il aperçoit les fumées grises du Creusot. Un vent froid balaie presque constamment le plateau, qui, l'hiver, est souvent recouvert de neige.

 

Les habitants, — les rares habitants disséminés sur ce pauvre coin de terre, sont âpres et pour ainsi dire incultes comme leur climat et leur sol. Perdus entre deux forêts immenses, c'est du bois qu'ils tirent leur travail, leur subsistance et leurs principales ressources. Ils sont un peu laboureurs, un peu éleveurs, mais surtout bucherons, charbonniers et sabotiers; véritables hommes des bois, n'ayant avec la ville que des relations rares et difficiles, sans culture intellectuelle, presque sans culture morale, à la merci de quelques détaillants qui en abusent.

 

Avant 1891, on ne faisait pas le pain dans le hameau, c'était deux boulangers d'Autun qui l'apportaient. Il n'y avait point de bouchers : chacun tuait ce qu'il pouvait et quand il pouvait. En revanche, on ne comptait pas moins de huit cabaretiers et de quatre épiciers qui étaient en même temps débitants de boissons, Le cabaretier était, comme on le voit, le roi du pays. C'était lui qui était l'intermédiaire obligé entre le hameau et la ville. C'était lui qui, par le crédit fait à ses clients, tenait pour ainsi dire le paysan dans sa main. C'était chez lui qu'on se réunissait, et l'on peut aisément deviner dans quel sens s'exerçait son influence. Les effets, d'ailleurs, n'avaient pas tardé à s'en faire sentir: l'endettement, le désordre, l'ivrognerie et la débauche avaient fait des progrès effrayants parmi les habitants, et ces pauvres gens, perdus au fond de leur forêt, livrés sans défense à l'exploitation matérielle et morale des intermédiaires aussi bien que des sectaires, glissaient de plus en-plus sur la pente qui mène à la dégradation.

 

Telle était la situation quand le curé de la nouvelle paroisse, M. l'abbé Moulin, commença son ministère. Il jugea avec raison qu'il convenait de s'occuper des intérêts matériels de ses ouailles aussi bien que de leurs intérêts spirituels et que soulager leur misère, améliorer leur rude et difficile existence était non seulement le meilleur moyen de se les concilier, mais encore l'accomplissement d'un devoir de charité chrétienne.

 

Dans ce but, la première chose à faire était de leur assurer une alimentation plus saine et moins coûteuse en leur procurant au prix de revient les denrées de première nécessité. De là l'idée de l'économat.

 

Mais comment la réaliser? Le pauvre curé n'avait ni la marchandise, ni le magasin, ni les fonds nécessaires ; mais il avait, avec la foi, une volonté tenace et ingénieuse. Voici donc comment il s'y prit. Un groupe de personnes charitables d'Autun,  à commencer par la plus qualifiée de toutes pour l'exercice de la charité.  s’associèrent en vue de la création de l'économat. Un comité fut formé par elles, une somme de 1500 francs fut réunie et confiée au de curé de Fragnv. De ces 1500 francs, on mit les deux tiers en réserve, les 500 francs restants servirent de fonds de roulement.

 

C'est avec cette petite somme que l'économat commença C'était vers la fin d'août 1891. On acheta d'abord un peu d'épicerie aux épiciers en gros de la ville d'Autun, et aux prix du gros; quelques quartiers de lard aux gros charcutiers d'Autun ou du Creusot, aux prix du gros et du demi-gros, quelques pièces de vin à des propriétaires également aux prix du gros. Le tout devait être revendu au prix coûtant, sauf un très léger écart suffisant pour couvrir les frais d'administration, et pour donner plus tard un boni aux consommateurs.

 

On avait donc les fonds et les denrées, mais comment et par qui se ferait le débit ? Voici comment le problème fut résolu. Le premier magasin fut ouvert chez un charbonnier, qui consentit à le tenir dans sa maison même, avec le concours de sa femme, Quelques planches, une balance et des poids suffirent à l'installation. L'homme avait une charrette et un cheval : il se chargea des transports, moyennant 1 franc par 100 kg de marchandises à partir d'Autun. Quant à sa femme, elle reçoit, pour la tenue du magasin, une somme proportionnelle au chiffre des ventes et qui s'élève à 40 francs, quelquefois à 45 et 50 francs par mois.

 

Restait à attirer la clientèle. Ce fut facile. Il suffit, pour cela, de lui offrir des tarifs inférieurs à ceux des cabarets : la comparaison se fit d'elle-même, et les acheteurs affluèrent.

 

Ils affluèrent si bien que les cabaretiers s'en aperçurent et jetèrent les hauts cris. Menaces, insultes, plaintes à la sous-préfecture, plaintes à l'évêché, pétitions, dénonciation du curé que l'on accusait de faire le commerce. On vit se produire toute la série bien connue des manœuvres habituelles aux débitants troublés dans leur exploitation, mais tout fut inutile. Une enquête démontra la parfaite régularité des opérations : elle prouva que le curé se bornait à agir pour le compte du comité de l'œuvre et à tenir les comptes; que l’œuvre elle-même ne réalisait aucun bénéfice, qu'elle opérait comme simple intermédiaire gratuit et bénévole, à la façon d'un syndicat; que la population de Fragny en appréciait les avantages et en désirait le maintien. Messieurs les débitants en furent donc pour leurs plaintes, et, pour prévenir l'abandon complet de leurs boutiques, ils se virent réduits à la cruelle nécessité de baisser leurs prix.

 

L’Economat n'en continua pas moins ses progrès. En décembre 1891, il ouvrit un second magasin, dans les mêmes conditions que le premier. Il étendit ses opérations. Il s'adressa de plus en plus aux producteurs directs, acheta les porcs sur pieds, et les fit abattre, saler, etc., par deux hommes et deux femmes choisis dans sa clientèle. Quant à l'épicerie, il la tira en partie d'Autun, en partie de Marseille et, du Havre. Puis il entreprit la fabrication du pain : achetant le blé au cultivateur, payant au meunier 23 centimes de frais de mouture et confiant la cuisson à cinq de ses clientes, moyennant 4 francs pour 125 kilogramme de pain.

 

Grâce à cette organisation, voici à quels prix l'économat a fini par livrer les denrées aux consommateurs :

La farine de première qualité se vend 29 centimes le et la farine bise, « tout venant », 27 centimes ; le pain est livré au prix de 28 centimes le kilo. Chez les détaillants il coûtait 5 centimes de plus.

 

Pour le lard, le prix est de 80 centimes la livre, et pour le jambon, de 90 centimes à 1 franc. Les détaillants faisaient payer 5 centimes de plus par livre.

 

L'économat livre le sucre -à 65 centimes la livre, et le café à 5 fr. 60 le kilo.

 

Quant au vin, il le fournit en fût pour 40 et 35 centimes le-litre, net de tous frais. Les débitants, à l'origine, le faisaient payer de, 65 à 70 centimes au détail.

 

Le tarif que nous venons de reproduire n'est, d'ailleurs, qu'un tarif maximum. Il comporte quelques atténuations en faveur des chefs de famille. Ceux-ci, groupés en association paroissiale, au nombre de trente-cinq ou trente-six, obtiennent des réductions de 6 % sur le pain et de 3 % sur les autres denrées.

 

La clientèle régulière de l'économat comprend une cinquantaine de familles, environ la moitié de la, population. Presque toutes ont besoin qu'on leur fasse crédit, et l'économat le leur accorde, suivant leur solvabilité, leur moralité et leur situation, jusqu'à concurrence de six semaines environ. Une ou deux familles seulement paient comptant : le jour où toutes y arriveraient, l'économat pourrait se transformer en société coopérative.

 

Tous les détaillants ont dû baisser leurs prix de vente au niveau de ceux de l'économat. Il en est résulté, pour le consommateur, une économie d'environ : 12 % sur les farines, 17 % sur le vin, 10 % sur l'épicerie, 11% sur le lard et 14 % sur le schiste.

 

Mais là ne se borne pas le bienfait résultant de l'économat. Les bonis qu'il réalise sont, tous frais payés, répartis entre les consommateurs, mois par mois, et en proportion du chiffre de la consommation de chacun. Chaque famille reçoit, de ce chef, en moyenne, une petite somme de 1 fr. 50 à 2 francs par mois : c'est un avantage qu'elle ne trouve pas chez les détaillants.

 

Les résultats matériels de cette intelligente organisation ont été les suivants : en 1892, les achats se sont élevés à la somme de 43,400 francs, auxquels il convenait d'ajouter pour 1,923 francs de marchandises en magasin, à la fin de 1891, soit, en tout, 45.323 francs de passif.

 

Les ventes ont atteint le chiffre de 47.107 francs, plus 5,234 francs de marchandises en magasin au 31 décembre 1892, d'où ressortait un actif de 52.341 francs.

 

La différence, de 7,018 fr. 65, avait été ainsi employée :

 

Achat-de mobilier. . .......................................               446 fr. 10.

Frais généraux .......................................             5.242    05.

Pertes à prévoir ...............................................                 120    00.

Versement à l'association des pères de famille..............                             200    00.

 

Enfin, 1,010 fr. 50 avaient été versés à la réserve.

 

En 1893, le développement des affaires a permis, comme nous l'avons dit plus haut, la distribution de dividendes aux clients de l'économat.

 

Celui-ci vend maintenant en moyenne, pour 900 francs de pain et de farine par mois, et pour 500 francs des autres denrées vin, épicerie, lard.

 

L'épargne résultant de l'abaissement des prix de vente est pour les 50 familles qui se fournissent à l'économat, évaluée, au minimum, à 10 % sur une consommation moyenne de 700 francs par famille. L'économie est donc de 3 500 francs pour tous les clients de l'économat ; mais, comme l'autre moitié de la population, qui ne s'adresse pas encore à l'économat, bénéficie, de son côté, du rabais auquel la concurrence a contraint les détaillants, l'économie totale pour Fragny et les environs ne représente pas moins de 7,000 francs par an.

 

Voilà pour les résultats matériels. Le résultat moral n'a pas été moins considérable. Le règne des cabaretiers-épiciers est fini dans le hameau de Fragny. Ils ont cessé d'appauvrir leur clientèle par l'exagération de leurs prix, de la mener à l'expropriation par un crédit savamment ménagé et de la dominer par leur situation de créanciers perpétuels. A l'heure présente, les chefs de famille s'éloignent des cabarets, les bals publics deviennent rares, la tranquillité règne dans le hameau; les habitants, ayant vu le prêtre s'intéresser à leur bien-être matériel, ont perdu une partie de leurs préjugés, se sont rapprochés de lui, et, peu après, sont venus en plus grand nombre demander à l'église les secours spirituels dont elle est la dispensatrice.

 

Le temps me manque, Messieurs, pour vous entretenir des autres œuvres créées par M. le curé de Fragny, notamment de la petite imprimerie qu'il a établie auprès de l'école des Sœurs et sous leur direction, pour occuper les jeunes filles du hameau pendant les longs mois d'hiver.

 

Je me borne à mentionner en passant cette fondation, et je conclus en signalant à toute votre attention les résultats vraiment surprenants qu'un pauvre prêtre de campagne, dans un pays perdu et sans ressources, a pu obtenir à force d'énergie et de persévérance. Il y a là un grand exemple qui mériterait de trouver des imitateurs dans nos communes rurales, et qui pourrait, je crois, être aisément suivi dans presque toutes les localités où la grande, ou même la moyenne propriété, est représentée. Le peuple de la campagne, comme celui des villes, a de plus en plus besoin d'être défendu contre l'exploitation scandaleuse du détaillant qui d'ordinaire le gruge, l'empoisonne et en fait, par surcroît, son serf politique. Presque toujours, sans doute, on éprouvera des difficultés, surtout au début : on aura à lutter contre l'hostilité des débitants et des politiciens de village, contre la défiance du paysan auquel les présents du grand propriétaire ou du bourgeois sont généralement suspects ; mais nous croyons pouvoir affirmer que, dans la plupart des cas, si l'on sait s'y prendre, ces préventions ne tiendront pas devant les résultats sensibles et les avantages palpables d'un économat ou d'une société coopérative menés avec prudence, avec persévérance et désintéressement. L'œuvre est certainement plus facile pour des laïques que pour un prêtre; elle offre pour eux moins d'inconvénients, moins de périls que pour lui, et elle n'exige pas de grandes ressources pécuniaires, puisqu'il a suffi à l'économat de Fragny d'une mise de fonds de 1,500 francs pour faire, en une année, près de 50.000 francs d'affaires. Dans tous les cas, ne faut-il pas essayer? La propagation, la multiplication des œuvres de patronage, de rapprochement entre les classes, de paix sociale sont, -- n'est-il pas vrai? — un devoir pour tous ceux à qui Dieu a donné l'argent, le loisir et l'instruction nécessaires. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Le Play. C'est dans ses œuvres que M. le curé de Fragny a trouvé l'idée première et l'inspiration de son économat; il me l'écrivait hier encore, dans une lettre qui m'est parvenue ce matin même et qui se termine par ces mots qu'il m'est doux de vous communiquer en terminant :

 

« Je suis heureux d'avoir pu lire Le Play et appliquer quelque peu des saines doctrines dont il s'est fait l'ardent apôtre. »

René LAVOLLEE.

 

 

Si les classes dirigeante de l’un des peuples placés à la tête des Européens se préoccupaient avant tout de donner l’exemple de la vertu ; si elles inculquaient à chaque citoyen soumis à leur autorité le sentiment de ses devoirs envers Dieu, la famille et la patrie ; si seulement elles parvenaient à détruire chez leur leurs subordonnés l’ivrognerie et les autres vices grossiers, elles auraient plus fait pour la puissance de leur pays que si elles en avaient doublé la richesse par le travail, ou le territoire par la conquête. Elles provoqueraient d’ailleurs ces améliorations en stimulant chez les classes inférieures le goût du travail et de l’épargne, plus sûrement qu’en cherchant à accroître leur bien-être matériel.

 

LE PLAY, La. Réforme sociale en France, 2,II.

 

 

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 20:02

 

Vous vous êtes certainement posé la question à chaques fois que vous êtes passés par là: Pourquoi ce momunent ?

 

Léon Magnard était un inspecteur principal des eaux et forêts, il a été assassiné par les allemands  le 04 novembre 1943.

 

Le monument à sa mémoire a été inauguré le 26 mai 1946.

 

Léon Magnard est né en 1885 à Le Vilhain  à proximité de Montluçon. En 1933 il a été nommé à AUTUN inspecteur principal des eaux et forêts.

 

A partir de la mi juin 1940, il organise localement un réseau de résistance et favorise l'embauche locale de jeunes voulant se soustraire aux STO.

 

Il est alors l'agent K 20 du du réseau Alliance et reçoit des parachutages en forêt de Planoise.

 

Son groupe est malheureusement inflitré par l'occupant  et il est arrêté le 23 septembre 43 en même temps que son fils Jules (les allemands saisiront un poste emetteur à son bureau de la rue de l'arquebuse où sont toujours situés les locaux de l'ONF).

 

Il est relaché le 27 septembre 1943 en espérant qu'il conduirait les allemands au maquis mais il se sait surveillé et ne bouge pas.

 

Il est de nouveau arrêté le 30 septembre 1943 et est transféré à DIJON (21). Il meurt le 04 décembre 1943 des suites de ses mauvais traitements. Son fils, déporté,  sera abattu en 1945 à Dachau.

 

Au cours de l'été 1945, les autorités Françaises issues de la libération on t organisé le retour de la dépouille de Léon MAGNARD au cimetière d' AUTUN.

 

monument-magnard.jpg

 

Chaque année, fin avril, se déroule au pied du monument éponyme, une cérémonie à sa mémoire.

 

Contrairement à la légende personne n'a été abattu à cet endroit, néanmois ce lieu est symbolique. Ce carrefour à la limite de trois communes marque l'entrée (ou la sortie ) de la forêt de Planoise.

 

Documentation: Bruno SANDRE

 

Sylvain RUSSO

 

 

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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 12:15

 

Ce lieu remis en mémoire par l’ONF avec la création il y 30 ans ou plus (abandonnée depuis) d’une aire de repos située sur la ligne de l’épousée à FRAGNY (71) est de sinistre mémoire. Un homme y fut tué lors d’un duel le 17 mai 1881 pour une simple histoire de chasse sur autrui.

 

LES-DUELLISTES.jpg

 

Voici l’histoire :

 

Le 29 avril 1881, un nommé ASSELIN, lieutenant de louveterie et employé de la famille SCHNEIDER du Creusot, se préparait à une battue au sanglier sur les terres de Mme DE TALLEYRAND, situées sur FRAGNY

 

FRAGNY-GENERAL 0001

      Entrée de l'aire du foyard du duel

 

M. ASSELIN ne détenait pas le droit de chasse sur ces terres, néanmoins son privilège de Lieutenant de Louveterie lui permettait de chasser presque ou bon lui semblait. Lieutenant de louveterie ou pas, il avait pourtant pour devoir d’en avertir le propriétaire ou un ayant droit.

Le garde chasse de Mme DE TALLEYRAND, ayant eu vent de ces préparatifs, passa alors par là et se fit envoyer paitre par l’insolent ASSELIN, qui promenait une réputation des plus mauvaises.

 

La battue se fit et le garde, lui, fit son procès verbal qu’il présenta au régisseur des terres de Mme DE  TALLEYRAND. Ce responsable se nommait M. DE SAINT VICTOR et occupait les fonctions de régisseur général de la famille DE TALLEYRAND PERIGORD. Il habitait au château de Montjeu près d’AUTUN.  On le donnait pour un homme d’un caractère affable et conciliant, soit tout le contraire d’ ASSELIN qui lui était irascible, imbu de sa personne et  considéré comme un « tyranneau de province ».

 

Dès qu’il eu connaissance des fait, M. DE SAINT VICTOR classa sans suite le Procès verbal de son garde mais se permit d’envoyer un courrier à M. ASSELIN pour lui reprocher son manque d’égard vis-à-vis de règles de chasse et son manque de courtoisie à l’encontre  de son garde chasse.

Asselin répondit à De Saint Victor en des termes plus « fleuris », ainsi De Saint Victor fut obligé de relever l’outrage et répondit :  « Si je méprise vos basses insultes, je veux que vous ayez bien seul l'odieux et la responsabilité de votre folle conduite. Je vous laisserai faire les démarches pour une rencontre qui ne m'inspire que du dégoût ».

 

FRAGNY-GENERAL-0002-copie-1.JPG

                   La dernière des tables de pique nique rescapée, il en existait au moins 5 auparavant

 

La rencontre eu lieu à 7 heures du matin le 17 mai 1881 à un carrefour situé à l’actuel carrefour de la bondelue – ligne de l’épousée ou alors au carrefour ligne de l’épousée – chemin des rapées, les deux étant distants d’environ 200 mètres.

Les protagonistes se battirent au sabre de cavalerie devant leurs deux témoins respectifs et suite à une dernière tentative infructueuse de conciliation.

 

Il était de bon ton et de bonne éducation, en cette époque, de blesser son adversaire en des parties non létales afin qu’il demande grâce.

Asselin, éraflé à la main et à la joue, par un coup d’estoc, transperça le ventre de Saint Victor. Le duelliste s’écroula, mortellement touché.

 

Ses témoins eurent le temps de le transporter à la cure de Fragny ou il s’éteignit peu de temps après l’arrivée de son épouse que l’on était partit mander.

 

Les quatre témoins et le tueur furent assignés en justice et passèrent aux assises de Saône et Loire en juillet 1881.  Le portrait que l’on fit d’ASSELIN fut à la hauteur du personnage, on le décrivit comme insolent, cravacheur de gens, kidnappeur de jeunes filles, amateur de bagarre cherchant sans cesse querelle. Déjà condamné par trois fois dont deux pour braconnage, ASSELIN fut condamné à une peine de quatre mois de prison et à cent mille francs de dommages et intérêts à la famille de la victime. Il est à noter qu’il s’était déjà battu en duel avec un journaliste en 1869 et avait provoqué le Marquis de MAC MAHON qui s’était contenté de l’envoyer promener.

 

FRAGNY-GENERAL-0003-copie-1.JPG

      Sortie de l'aire, j'ai le souvenir de soirées mobylettes et pack de bières avec les copains, il y a 25 ans de cela

 

Même si les prisons n’avaient pas le confort de nos actuelles maisons d’arrêt et que quatre mois devaient être longs au pain sec et à l’eau, on constate que la vie d’un homme ne valait pas très cher à cette époque.

 

L’aire du foyard du duel, que l’on doit à M.  Robert JOANNELLE, alors qu’il était ingénieur ONF du secteur de Fragny existe encore, moins bien entretenue que par le passé où elle était un terrain de pique nique et de boules appréciée.

 

Souvenons nous  que quelqu'un est un jour mort par ici, tué pour défendre son honneur d’honnête homme.

 

Source : Bibliothèque nationale de France, grand dictionnaire universel du  19ème siècle LAROUSSE

 

Sylvain RUSSO

 

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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 09:27

 

J'ai découvert sur internet une "nouvelle étude de l'aqueduc gallo romain de Montjeu à Augustodunum" par Laétitia Borau.

 

Cette étude est passionnante quoique très technique et c'est normal puisque rédigée par une chercheuse.

 

Je vous enjoint tous à aller consulter cette étude sur le site rae.revue.org ou en cliquant sur le lien suivant AQUEDUC

 

Cette personne m'a gentiment donné l'autorisation de copier ses photos, en voici une de la coupe de l'aqueduc au niveau de la route de l'étang des Cloix.

 

aqueduc-montjeu-2.jpg

C'est cettte partie que nous explorions quand nous étions gosses.

  

Suit un plan de l'aqueduc que j'ai recoloré pour plus de lisibilité, on apprend en lisant l'étude que les captages étaitent situés au niveau du plus petit étang de Montjeu et qu'ils ne sont plus visible à ce jour (étang Paillard). 

trace-aqueduc-montjeu.jpg

 

Pour terminer la supersposition d'un plan d'AUTUN actuel et antique avec le tracé de l'arrivée de l'aqueduc.

 

autun-romain-plan.jpg

 

Si vous souhaitez relire mon précedent article cliquez sur le lien suivant: l'aqueduc de Montjeu 

 

 

Crédit photo et image:

Laetitia Borau
Doctorante en archéologie gallo-romaine à l’université de Paris IV-Sorbonne.

l.borau@orange.fr

 

 

Sylvain RUSSO

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 12:48

 

Saint Georges restera toujours un endroit atypique de Fragny. Ancienne localisation de l’abbaye du même nom, cette ferme ou groupe de maison devait être à l’origine à quelques encablures du village proprement dit de Fragny.

 

Actuellement saint Georges, avec toutes les nouvelles constructions qui se sont montées depuis les 20 dernières années, n’est plus que l’une des extrémités du village et a perdu son statut de hameau.

 

saint-georges-et-les-cloix-recadres.jpg

 

On peut constater sur les anciennes cartes sa correspondance avec l’ancien hameau disparu « des Cloix ». Une route empruntant la digue de l’étang de saint Georges semblait rejoindre celle des Cloix.

 

Je ne dispose pas d’infos plus précises sur les dates de construction des deux étangs. Ceux-ci sont construits sur des zones de tourbières ou affleurent des sources.

 

Sur la carte ancienne on constate que la route qui arrivait d’AUTUN était encore l’ancienne qui remontait le ruisseau de Brisecou sur sa gauche. La nouvelle, ainsi que la route actuelle qui mène  aux Blanchots n’existait pas encore.

 

Les prés qui entouraient le hameau des Cloix ont disparu et sont partis en friche, je les ai connu dans mon enfance. La route principale pour y accéder venait de Montmain et non de l’actuelle qui longe l’ancien aqueduc.

 

saint-georges-mix2-avec-chemins.jpg

 

J’ai coloré en rouge les anciennes routes sur la seconde reproduction de l’ancien cadastre afin de mieux visualiser les accès, en pointillé le tracé hypothétique de l’ancienne route des Cloix à Saint Georges. En bleu les nouvelles routes (approximation)

 

La  carte suivante mixe le cadastre actuel à l’ancien sur la zone de Saint Georges, les traits ne se chevauchent pas précisément afin de mieux discerner les deux plans. On y voit le tracé de la route d’Autun à Broye.

 

saint-georges-mix2.jpg

 

La carte suivante  superpose les deux cadastres sur les zones Saint Georges et Blanchots. Les bâtiments en rose sont ceux de l’ancien cadastre, ceux du nouveau sont en gris. On constate que les Blanchots ont beaucoup plus changés que Saint Georges mais les Blanchots feront l’objet d’un article prochain.

 

 

saint geoges mix1 

Coté Saint Georges, on constate que la ferme s’est agrandie en direction de l’étang, que le bâtiment situé en long par rapport à la route n’existait pas encore.

Un grand corps de bâtiment existait à la place de l’endroit ou se trouve deux petites maisons actuellement. On voit bien les vestiges des fondations depuis la route.

 

saint-geoges-mix---seul.jpg

 

Comme quoi, il y a des endroits qui changent peu en plusieurs siècles.

 

Bientôt vous pourrez constater que d’autres quartiers ont eux beaucoup changé.

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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 12:39

Après avoir récupéré le cadastre de 1822 j'ai tenté une comparaison en superposant ce dernier avec un datant de 2000 que j'avais en ma possession.

 

la-bondelue-2010.jpg

 

J'ai superposé les images via photoshop, le cadrage n'est pas au top mais permet de voir la différence.

 

la-bondelue.jpg

 

 

En rouge les maisons qui existent encore, en bleu celle qui ont disparu et en vert celles actuelles. Il en manque une construite depuis peu.

 

la-bondelue-avant-et-maintenant.jpg

 

 

Excusez moi pour la qualité qui n'est pas au rendez vous mais je m'améliorerai avec les prochains quartiers de Fragny. Je ne maitrise pas encore photoshop.

 

On constate que trois maisons ont survécu aux années: il s'agit des maisons de M. LENEUF, de MMe GIRY et des ruines inhabités appartenant à M. VASSE.

 

Huit maisons ont disparu, certaines ont encore quelques ruines visibles comme celles dans le bois menant à Velay, d'autres n'ont plus aucune trace de leur implantation.

 

Six autres constructions sont postérieures à ces années 1822. Il reste à la bondelue 7 maisons habitées.

 

 

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 19:42

 

Au hasard d'une promenade au milieu des bois, il nous arrive de découvrir les vestiges d'une maison, son mur entourant son potager  et le chemin qui y menait.

Quelquefois, ces chemins connus des seuls chasseurs et des forestiers sont les vestiges de routes antiques datant du moyen age ou de l'époque gallo romaine, voir plus anciennes encore.

 

A titre d'exemple, l'ancienne route d'AUTUN à MONTCENIS n'avait pas le tracé qu'elle a maintenant. On peut voir ses vestiges dans la série des grands virages ou elle surplomble la route actuelle, de même vers Momtmain, elle court le long de la rive droite du ruisseau et non du coté gauche comme l'actuelle. Elle rejoignait l'entrée du Domaine de Montjeu puis bifurquait à droite pour arriver à Fragny aux Blanchots où ses vestiges sont encore très faciles à découvrir.

 

Arrivée au site actuel de la source du bois Mathey, elle continuait presque en ligne droite jusqu'à traverser l'actuelle route de la Bondelue pour finir à passer près de de l'actuelle ferme de château Pigenat.

 

Elle est restée l'unique voie carrossable de Fragny avant des aménagements routiers faits au 19ème siècle qui l'ont fait quelque peu oublier.

 

Voici un plan de cette voie romaine telle qu'elle existait auparavant. J'ai récupéré ce document sur internet (copyright Alain Dessertennne et SHNC):

 

voie-romaine-fragny.jpg

 

Sur les vieilles cartes on devine un chemin passant de la ferme de St Georges, ancien prieuré, qui passe sur la digue de l'étang puis poursuit en ligne droite jusqu'à Montjeu.

 

www.archives71.fr_AD071_0014_3PA_01626_D.JPG

 Crédit photo archives départementales.

 

 Au niveau du bourg, on constate qu'il n' a guère changé. L'église était absente, les constructions situées le long de la route de la forêt de Planoise n'existaient pas car cette route n'était pas encore construite.

La date de cette carte est assez difficile à décrypter, n'étant pas historien, si un spécialiste lit cet article je l'invite à me laisser un commentaire pour corriger mes erreurs. A priori il s'agit d'un cadastre de 1822

 

Les maisons, les fermes et masures se cantonnaient au nord est à la rue des Feuillies et à celle de la garenne Bretin et au sud ouest à la rue du bois mathey.

La rue des Blanchots n'existait encore pas ou alors sous la forme d'un petit tronçon.

 

En quelles matières étaient faites ces routes ? Terre et cailloux pour la maintenir. Des chemins creux inconfortables cernés par des murets de pierres sèches, larges de 3 à 4m.

 

La photo de la carte n'est pas très claire. Bientôt je mettrai en ligne des cartes plus détaillées avec un comparatif du cadastre actuel, vous pourrez chercher l'implantation de votre maison ou de celle de l'une de vos connaissances.

 

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17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 19:11

Source principale : Ouvrage « AUTUN ville gallo romaine » par Matthieu Pinette et Alain REBOURG – 1986.

 

 

Long de 6.2 km, cet aqueduc a été construit dans les premières années de la création d’ Augustodunum, il servait à alimenter AUTUN en eau fraiche avec un débit quasi constant.

 

Cet aqueduc captait les sources situées sur le domaine de MONTJEU, maintenant fermé. Il longe toujours le ruisseau dit « de la toison » sur sa partie droite en le remontant.

DSC00817.JPG 

Suivant le tracé de  l’ancienne route de Fragny, située elle aussi à droite en remontant l’actuelle et dénommée « ancienne route de Montcenis à Autun », l’aqueduc était complètement enterré et ne pouvait être visité que par des regards ouvert qui existent encore. Sa partie ouverte se situe juste après la cascade de Brisecou (située à Couhard) où il suit le tracé d’un bief qui chemine entre les habitations et se termine à Saint blaise. Un chemin de randonnée pédestre suit son parcours du croisement de la route de Couhard à l’arrivée à Saint Blaise.

 

Les différences de niveau étaient compensées par une ou plusieurs cascades souterraines (puits de rupture), il en a été compté 24. Au niveau de la cascade de Brisecou, on a découvert jusqu'à 14 cascades en enfilade qui compensaient une énorme pente. Ces cascades mesurent trois mètres de largeur sur 2.4m de largeur. La différence de niveau entre le radier supérieur et l’inférieur de l’aqueduc est de 4.4 m (sources Société Eduenne).

 

DSC00819.JPG

 

Le conduit de l’aqueduc est identique sur la totalité de son parcours ce qui démontre qu’il a été monté en une fois, il est construit par l’assemblage de petits moellons bruts de gneiss. Possédant une voute en plein cintre, ses cotés ont revêtu d’un mortier jusqu'à une hauteur de 0.80m.

La largeur extérieure de la maçonnerie est de 2.14m pour un hauteur de 2.82m.

Vous pouvez constater sur les photos que cette construction était faite pour durer.

 

Un accès est resté ouvert de nombreuses années sur la route qui mène à Montjeu. Je me souviens l’avoir exploré gamin avec une vielle lampe de poche, c’est ainsi que j’ai découvert les regards ouverts perdu au milieu des bois. J’imagine la douleur de mettre le pied dedans lors d’une ballade.

 

DSC00818.JPG

 

Au lieu de l’aménager pour qu’il puisse être admiré, les autorités ont préféré l’enterrer complètement après l’avoir dégagé sur 20 mètres pour l’étudier. C’est bien dommage, un tel monument vieux de 2000 ans devrait pouvoir être admiré de tous.

 

On imagine sans peine le bassin qui devait capter les sources situées maintenant sous l’étang de Montjeu et qui devaient délivrer un bon débit pour alimenter les fontaines publiques d’ Augustodunum et les domus des patriciens. Combien d’esclaves ont participé à sa construction, combien de temps a-t-elle duré, jusqu'à quelle époque a-t-il fonctionné ?

Nous ne le saurons certainement jamais.

 

Sylvain RUSSO

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