Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 12:15

 

Ce lieu remis en mémoire par l’ONF avec la création il y 30 ans ou plus (abandonnée depuis) d’une aire de repos située sur la ligne de l’épousée à FRAGNY (71) est de sinistre mémoire. Un homme y fut tué lors d’un duel le 17 mai 1881 pour une simple histoire de chasse sur autrui.

 

LES-DUELLISTES.jpg

 

Voici l’histoire :

 

Le 29 avril 1881, un nommé ASSELIN, lieutenant de louveterie et employé de la famille SCHNEIDER du Creusot, se préparait à une battue au sanglier sur les terres de Mme DE TALLEYRAND, situées sur FRAGNY

 

FRAGNY-GENERAL 0001

      Entrée de l'aire du foyard du duel

 

M. ASSELIN ne détenait pas le droit de chasse sur ces terres, néanmoins son privilège de Lieutenant de Louveterie lui permettait de chasser presque ou bon lui semblait. Lieutenant de louveterie ou pas, il avait pourtant pour devoir d’en avertir le propriétaire ou un ayant droit.

Le garde chasse de Mme DE TALLEYRAND, ayant eu vent de ces préparatifs, passa alors par là et se fit envoyer paitre par l’insolent ASSELIN, qui promenait une réputation des plus mauvaises.

 

La battue se fit et le garde, lui, fit son procès verbal qu’il présenta au régisseur des terres de Mme DE  TALLEYRAND. Ce responsable se nommait M. DE SAINT VICTOR et occupait les fonctions de régisseur général de la famille DE TALLEYRAND PERIGORD. Il habitait au château de Montjeu près d’AUTUN.  On le donnait pour un homme d’un caractère affable et conciliant, soit tout le contraire d’ ASSELIN qui lui était irascible, imbu de sa personne et  considéré comme un « tyranneau de province ».

 

Dès qu’il eu connaissance des fait, M. DE SAINT VICTOR classa sans suite le Procès verbal de son garde mais se permit d’envoyer un courrier à M. ASSELIN pour lui reprocher son manque d’égard vis-à-vis de règles de chasse et son manque de courtoisie à l’encontre  de son garde chasse.

Asselin répondit à De Saint Victor en des termes plus « fleuris », ainsi De Saint Victor fut obligé de relever l’outrage et répondit :  « Si je méprise vos basses insultes, je veux que vous ayez bien seul l'odieux et la responsabilité de votre folle conduite. Je vous laisserai faire les démarches pour une rencontre qui ne m'inspire que du dégoût ».

 

FRAGNY-GENERAL-0002-copie-1.JPG

                   La dernière des tables de pique nique rescapée, il en existait au moins 5 auparavant

 

La rencontre eu lieu à 7 heures du matin le 17 mai 1881 à un carrefour situé à l’actuel carrefour de la bondelue – ligne de l’épousée ou alors au carrefour ligne de l’épousée – chemin des rapées, les deux étant distants d’environ 200 mètres.

Les protagonistes se battirent au sabre de cavalerie devant leurs deux témoins respectifs et suite à une dernière tentative infructueuse de conciliation.

 

Il était de bon ton et de bonne éducation, en cette époque, de blesser son adversaire en des parties non létales afin qu’il demande grâce.

Asselin, éraflé à la main et à la joue, par un coup d’estoc, transperça le ventre de Saint Victor. Le duelliste s’écroula, mortellement touché.

 

Ses témoins eurent le temps de le transporter à la cure de Fragny ou il s’éteignit peu de temps après l’arrivée de son épouse que l’on était partit mander.

 

Les quatre témoins et le tueur furent assignés en justice et passèrent aux assises de Saône et Loire en juillet 1881.  Le portrait que l’on fit d’ASSELIN fut à la hauteur du personnage, on le décrivit comme insolent, cravacheur de gens, kidnappeur de jeunes filles, amateur de bagarre cherchant sans cesse querelle. Déjà condamné par trois fois dont deux pour braconnage, ASSELIN fut condamné à une peine de quatre mois de prison et à cent mille francs de dommages et intérêts à la famille de la victime. Il est à noter qu’il s’était déjà battu en duel avec un journaliste en 1869 et avait provoqué le Marquis de MAC MAHON qui s’était contenté de l’envoyer promener.

 

FRAGNY-GENERAL-0003-copie-1.JPG

      Sortie de l'aire, j'ai le souvenir de soirées mobylettes et pack de bières avec les copains, il y a 25 ans de cela

 

Même si les prisons n’avaient pas le confort de nos actuelles maisons d’arrêt et que quatre mois devaient être longs au pain sec et à l’eau, on constate que la vie d’un homme ne valait pas très cher à cette époque.

 

L’aire du foyard du duel, que l’on doit à M.  Robert JOANNELLE, alors qu’il était ingénieur ONF du secteur de Fragny existe encore, moins bien entretenue que par le passé où elle était un terrain de pique nique et de boules appréciée.

 

Souvenons nous  que quelqu'un est un jour mort par ici, tué pour défendre son honneur d’honnête homme.

 

Source : Bibliothèque nationale de France, grand dictionnaire universel du  19ème siècle LAROUSSE

 

Sylvain RUSSO

 

Partager cet article

Repost 0
Published by mémoire de Fragny - dans histoire
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de mémoire de Fragny
  • Le blog de mémoire de Fragny
  • : l'histoire et la mémoire du bourg de Fragny près d' Autun.
  • Contact

Texte Libre

Recherche

Archives